Trophée MAP – Première en solo

18. juin 2018 Non classé 0
Trophée MAP – Première en solo

Une belle étape vient d’être franchie avec Mini Explorer. Ce bateau que j’ai j’avais acheté en mars dernier est enfin revenu dans l’excitant monde de la compétition.

Je craignais n’avoir pas suffisamment réapprovisionné son équipement pour qu’il puisse passer le contrôle de sécurité. N’ayant encore jamais navigué avec lui contre d’autres Mini, j’appréhendais qu’il soit réglé de travers et qu’il soit beaucoup moins rapide que les autres. Je redoutais aussi de ma capacité à gérer mon mal de mer et mon sommeil pendant 2 jours en mer. Le week-end dernier, Mini Explorer et moi avons balayé ensemble ces doutes et on a terminé avec une super place pour notre première régate.

La course qui partait de Douarnenez et revenait au même port nous faisait faire le tour de Groix en passant par l’occidentale de Sein sur le retour. Les 65 Minis, en comptant les séries et les protos, se sont élancés jeudi à 14h pétantes. Avec Mini Explorer, nous avons passé la ligne d’arrivée samedi matin à 8h10 après 34 heures de course à la 15ème position en série. Voilà pour les données brutes.

Lien cartographie : http://yb.tl/mapt2018





La phase d’inscription passe par un contrôle de sécurité où une cinquantaine d’éléments sont vérifiés. Le jaugeur a validé mon bateau la veille du départ à ma grande satisfaction.

Nous avons largué les amarres jeudi midi pour prendre le départ au large de Douarnenez à 14h, matérialisé entre un bateau et une bouée. Du fait que nous n’avions pas le droit à un moteur pendant la course nous avons tous été remorqué un à un par des bateaux de l’organisation pour la sortie du port. Une fois sorti du chenal j’ai pu hisser mes voiles et régler mon bateau.

La vidéo suivante montre la phase de sortie du port jusqu’au départ au large.





Le départ de la course est un moment particulièrement intense de par la densité de bateau qu’il y a autour de la ligne. Même si nos bateaux sont faits pour le large où les manœuvres sont rares, il faut, pendant ces phases de départs, les enchainer pour éviter les collisions. Mais grâce à mon passé de régatier sur petits dériveurs la phase de départ ne m’a pas présentée de difficultés. J’ai pu partir au top départ et du bon côté de la ligne en avant de la flotte.

Ensuite nous avons remonté contre un vent de Nord-Ouest de 12 nœuds, toute la baie de Douarnenez jusqu’au Raz de Sein. Pendant ces premiers bords je me confrontais pour la première fois aux autres. Ma vitesse était plus basse que mes concurrents et m’a fait perdre des places. Après affinage de mes réglages j’ai pu égaliser ma vitesse à celle des autres.

Nous avons tous abattu (écarter la direction du bateau de celle du vent) au Raz de Sein pour rejoindre la pointe de Penmarc’h. J’ai envoyé mon gennaker assez tôt (voile plate hissée à l’avant du bateau pour naviguer travers au vent). J’ai ensuite hissé mon grand spinnaker (voile très creuses hissée aussi à l’avant pour naviguer dans le sens du vent). J’ai regagné des places par une jolie manœuvre de piling où j’ai pu échanger les deux voiles sans perdre de puissance. J’aurais dû faire une vidéo pour vous montrer la beauté de cette manœuvre. Le soleil s’est couché pendant que nous descendions la baie d’Audierne à haute vitesse en enchainant les surfs à plus de 10 nœuds de vitesse.

Quand Mini Explorer part en surf, il accélère très vite et devient tout léger. Il se barre alors comme un petit dériveur en rebordant très vite la grand-voile.





Pour gérer mon mal de mer j’avais pris une petite boite qui contenait des bracelets appuyant un point d’acupuncture aux poignets, des pilules de gingembre, de l’huile essentielle de citron et des cachets de « mer calm ». Pour éviter que mon mal de mer ne m’anéantisse j’ai pris ces médicaments par petites doses tout au long de la régate. Ces préparations m’ont permis de descendre facilement dans la cabine pour me reposer et me préparer à manger. J’ai pu manger les quatre repas chauds que je m’étais prévus pendant ma course. C’était une première pour moi qui ne mange en général que des biscuits en mer par manque d’appétit. Sur ce point, la course a été une vrai réussite pour mon estomac qui m’a maintenu en forme jusqu’à l’arrivée. Lors de ma dernière régate en double avec Kévin sur la Plastimo Lorient, mon ventre m’avait lâché dès le premier soir des deux jours de course.

Une fois la nuit tombée, nous avons loffé (rapprocher la direction du bateau de celle du vent) après les Glénans pour rejoindre Groix. Le vent est monté à 15-20 nœuds et j’ai enchainé les manœuvres entre le gennacker et le grand spinnaker pour contourner Groix. Le pilote automatique marchait super bien et j’ai pu dormir 20 minutes avant d’arriver à Groix sous gennacker avec le bateau qui filait à 7 nœuds.

Le lendemain matin au sud de Groix la pétole (vent faible) commençait  à arriver. Je n’ai pas bien négocié le contournement de Groix et perdu des places. Un peu blazé et fatigué, je suis allé me coucher en callant le bateau en direction des Glénans. En me réveillant 30 minutes plus tard je me suis aperçu que j’allais toujours moins vite que les autres et que j’avais attrapé des algues dans la quille qui me ralentissaient. J’ai dû effectuer une courte marche arrière au bateau pour les retirer. J’étais alors descendu à la position la plus basse dans le classement de ma course.

En guise de réconfort j’ai eu la visite de dauphins.





J’ai continué toute la journée dans du vent très faible ma route vers l’Ouest au près. J’attendais que le vent revienne à l’Ouest pour placer mon virement de bord (faire tourner le bateau face au vent de manière à changer le côté du bateau qui reçoit le vent) et faire un bord au près en direction de l’occidentale de Sein. La journée fut très monotone et rare en manœuvres mais j’ai tout donné pour piloter Mini Explorer au mieux et rattraper petit à petit des places. En soirée, la flotte a rencontré le courant de marée contraire à la chaussée de Sein. Nos bateaux se sont immobilisés pendant un peu moins de 2 heures et nous avons pu repartir avec le vent d’Ouest prédit et la renverse de la marée à la nuit tombante.

Dans ces moments de pétole, le temps peut paraitre très long… Comme le montre cette vidéo où la solitude semble se lire dans mes yeux !





En arrivant à la bouée de l’occidentale de Sein vers 2h du matin, j’étais vraiment fatigué. Le ciel était dégagé de tous nuages et de toute pollution lumineuse, ce qui nous a laissé contempler la voie lactée.  J’ai envoyé mon grand spinnaker pour descendre rapidement avec le vent vers Douarnenez. Je me suis écarté un peu de la flotte pour me reposer sans risque de collisions. Le pilote automatique s’est encore une fois avéré très fiable et m’a permis de me reposer 20 minutes tout en descendant les vagues à fond en pleine nuit. En fait, ce décalage de la flotte était une bonne option de route et m’a fait rattraper des places. J’ai alors eu un regain d’enthousiasme en voyant que je n’avais jamais été en si bonne position de toute la course et voyant les belles pointes de la presqu’ile de Crozon au lever du soleil. J’ai même aperçu le goulet et les lumières de Brest au matin pour me booster à fond sur les derniers bords.

Il me restait à zigzaguer entre deux bouées cardinales avant de m’enfoncer dans la baie de Douarnenez pour traverser la ligne d’arrivée. J’ai encore rattrapé deux bateaux en enroulant ces dernières bouées sans commettre d’erreur. Je me suis retrouvé à la quinzième place à l’arrivée, la meilleure place que j’ai pu occuper au cours de la course.

Sans casse matérielle à bord et avec une bonne gestion de mon estomac et de ma fatigue, cette régate a été une réussite. Je suis confiant pour repartir dimanche prochain pour 5 à 6 jours de course en double sur la Mini Fastnet. Cette course partira de Douarnenez et nous fera enrouler le phare du Fastnet au Sud-Ouest de l’Irlande. Léo Debiesse m’accompagnera pour ce défi qui sera surtout de passer presque une semaine sans escale à deux dans un bateau de 6,50 m.

De nouvelles aventures arrivent vite.


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