Mini Fastnet

10. juillet 2018 Non classé 6
Mini Fastnet

 

Ma plus longue course, que j’ai réalisée avec Léo DEBIESSE, est maintenant terminée depuis plus d’une semaine.

Tout au long de ces quatre jours de navigation, ce fut dur et intense. J’appréhendais avant de partir l’état de fatigue et l’odeur dans laquelle nous amènerait cette longue course. J’avais toujours effectué des navigations de moins de deux jours alors que là nous devions passer plus de quatre jours à deux dans mon petit bateau de 6.50 mètres pour une course qui nous a amené jusqu’en Irlande.

Le défi était aussi de taille pour mon bateau « Mini Explorer » qui n’avait pas retrouvé le grand large depuis que je l’ai acheté en mars. Même si les Pogo 2 comme lui sont solidement construits, un aller-retour en Irlande n’est pas anodin pour tout son équipement.

Le dimanche 24 juin à midi avant le départ, nous étions prêts et attendions le départ sur les pontons. Il était prévu à 17h juste en face du port de Douarnenez (29). Le soleil était haut et il faisait très chaud. Je révisais le parcours et vérifiais que les points GPS nécessaires étaient bien enregistrés. Le parcours de la Mini Fastnet nous fait traverser le chenal du Four entre l’archipel d’Ouessant et le continent, monter jusqu’à Wolf Rock, un phare isolé entre les îles Scilly et la pointe de Land’s End anglaise puis contourner par l’Est une zone de trafic de cargos (DST), ensuite filer vers l’Irlande où l’on doit d’abord contourner la bouée cardinale Stags puis le fameux phare du Fastnet. Pour finir, un très long bord vers Douarnenez en prenant soin de passer au large du DST d’Ouessant.

La météo prévue était clémente avec des vents d’Est dominants de force moyenne et du beau temps. Cette première rencontre avec la Manche et la Mer Celtique s’annonçait douce. Peu de stratégies différentes se distinguent de la route directe pour la traversée de la Manche. Ensuite pour rallier l’Irlande, des options de trajectoires pourraient faire la différence. Quant au retour, on le prévoyait long et au près bâbord amure (vent qui vient sur le côté gauche du bateau).

Le bateau était bien chargé avec ses 7 voiles, tout le matériel de sécurité, un sac étanche d’habits propres, deux combinaisons de survie étanches, deux sacs de nourriture remplis de biscuits et de lyophilisés, un jerrycan de 20 litres et à côté de ça un petit coussin gonflable pour mieux dormir. Mini Explorer était beaucoup plus chargé que pour ma précédente régate, une semaine plus tôt, sur le trophée MAP.

Nous fûmes remorqués vers 16h pour sortir du port et prîmes le départ de la Mini Fastnet une heure plus tard. Après un louvoyage (succession de bord en zigzag pour remonter le vent) qui nous sortit de la baie de Douarnenez contre un reste de brise thermique d’Ouest, nous nous sommes arrêtés dans la molle (zone sans vent), le temps que le vent fasse volte-face et revienne d’Est.

Nous avons hissé et déroulé le gennacker (voile plate se rajoutant à l’avant du bateau) et commencé un long bord tribord amure (vent qui vient sur le côté droit du bateau). Nous étions rapides et nous nous sommes enfoncés dans le chenal du four et dans la nuit. La nuit était agréable avec une belle lune rassurante qui éclairait nos voiles. Les feux d’Ouessant et du Four clignotaient derrière nous et nous avons commencé à faire des quarts de 2h (répartition du temps entre la veille du bateau et le repos). La mer était sans houle avec juste un faible clapot. La première nuit s’est vraiment effectuée sans difficultés. Nous sommes arrivé à vue de Land’s End le lundi en fin de matinée.

En ce début de course nous étions dans le peloton avec de nombreux Pogo 2 comme nous. En arrivant en début d’après-midi, à quelques milles nautique de la côte anglaise, un soleil de plomb chauffait le bocage britannique. La forte différence de température entre la terre chaude et la mer froide perturba le flux général d’Est et nous englua dans une molle tout le reste de l’après-midi. Tous les bateaux de la régate se regroupèrent malgré eux. Avec une faible vitesse nous avons rejoint le Nord-Est du DST de Land’s End. Grâce à une bonne anticipation du retour du vent à l’Est, nous sommes passés à l’avant du peloton. En soirée avec le retour du vent, nous avons envoyé notre grand spinnaker (voile de grande surface hissée à l’avant lorsque le vent souffle depuis l’arrière du navire).

Le long bord de portant vers l’Irlande a débuté par un magnifique coucher de soleil face à nous rendant les nuages orange et plus le soleil passait derrière l’horizon moins nous étions éblouis et plus les nuages devenaient rose. Ils rosissaient encore et toujours pour donner un paysage magnifique dans lequel est venu s’incruster un petit voilier de plaisance anglais qui m’a fièrement salué. Ne doutez pas de moi, ce ciel si coloré n’est pas le fruit de mes premières hallucinations de fatigue parce que d’autres équipages m’ont confirmé avoir eu le même spectacle ce soir-là. La nuit fut belle sous une pleine lune. Le lendemain matin le vent est monté de 12 à 18 nœuds, les vagues se sont formées et nous offraient de longues glissades avec notre grand spinnaker.

Le paragraphe qui va suivre est contaminé de termes techniques. Si vous n’y comprenez rien vous pouvez le sauter sans perdre le fil de l’histoire.

Sur ce long bord de portant vers l’Irlande, deux options de routes se sont distinguées. Il y a ceux qui comme nous, ont suivi la route directe au largue que nous offrait le vent d’Est au début du bord, puis, avec la rotation du vent à droite à mi bord, ont empanné dans l’adonnante pour gagner dans l’Ouest et contourner la bouée Stags. Et il y a ceux qui se sont écartés de la route en abattant vers l’Ouest dès le début en Angleterre pour ensuite suivre la rotation du vent à droite et rejoindre la bouée Stags sans empanner. Finalement la seconde option fut plus avantageuse mais nous étions tellement rapides sous grand spi que nous avons été plutôt gagnants sur ce bord.

Ce mardi, le soleil nous chauffait encore fort et avec le vent qui montait jusqu’à 20 nœuds nous comprîmes que le bateau ne voulait que dévaler les vagues une à une. Il ne lui manquait qu’un petit coup de pouce à la crête des vagues pour les dévaler, que nous lui apportions en pompant (ramener rapidement une voile vers le vent pour créer momentanément une surpression) violemment avec la grand-voile. Le vent était juste à assez fort pour porter le maximum de voiles, le soleil était haut et nous enchainions les surfs. Les conditions de navigations étaient parfaites. On a rencontré les Alizées Irlandaises. Nous nous sommes un peu fatigués à pomper toute la journée, mais nous avons pleinement profité de ce bord de vent arrière et quand nous avons décidé de faire du Mini c’est comme si on avait décidé de s’amuser au portant. On a tout donné et sommes arrivés aux côtes Irlandaises fatigués mais en ayant gagné des places.

L’armée Irlandaise nous a même accueillis pour notre première venue dans leurs eaux. Plus tôt dans la journée, j’avais remarqué des points dans l’océan qui apparaissaient sur notre écran AIS (système récupérant les positions émises par radio des navires ou des balises environnantes permettant d’éviter les collisions). Quatre points, représentés comme des balises sur l’écran, formaient un carré de 18 milles nautiques de côté. Aucune balise ne figurait sur la carte papier à ces endroits. Les points était nommés « EXCLU MIL 1 », « EXCLU MIL 2 » ainsi de suite jusqu’à 4. On en a déduit, à juste titre, qu’il s’agissait d’une zone d’exclusion militaire temporaire. Comme elle était en plein milieu de notre bord de portant, on a décidé de la traverser et que si on voyait des manœuvres militaires, on ferait un écart en la contournant par le Sud. Nous l’avons traversé sans inquiétude même si nos concurrents discutait à la radio en répétant de faire attention et de la contourner par le Sud. En la quittant, nous avons vu apparaitre derrière nous, un bâtiment militaire nous rattrapant à vive allure. A ce moment-là nous foncions déjà vers la sortie de la zone et nous ne pouvions rien faire de mieux que de ne pas changer notre route. C’est peut-être ce qu’ils ont dû se dire puisqu’ils ont fait un demi-tour serré et sont repartis. Ils nous ont peut-être appelés à la radio à ce moment-là ou avant, mais pour comprendre quoi que soit en anglais entre les pécheurs et les services de secours Irlandais, notre pratique de l’anglais n’a pas été à la hauteur. Une chose est sûre, vingt minutes plus tard, des coups de canon détonnaient derrière nous. La marine Irlandaise effectuait des essais de tirs balistiques en mer. Bref on s’est fait bien accueillir en Irlande par une salve de mortier.

Après quelques empannages (manœuvre qui fait changer de côté du bateau qui reçoit le vent) nous avons contourné la bouée cardinale Stags. C’est toujours rassurant de retrouver une bouée à des milles de chez soi que l’on a découverte quelques jours plus tôt sur les cartes. On se dit que les cartes sont bien faites. C’est comme découvrir un truc sur internet et le rencontrer en vrai sans qu’il diffère de sa description (sur ebay, meetic, blablacar et tutticanti). Avec les cartes ça marche à tous les coups !

Vive les lapins ! Ça porte malheur d’être superstitieux !

Il ne restait plus qu’à longer la côte au portant pendant près d’une heure pour rejoindre le fameux phare du Fastnet. Mais c’était sans compter notre bras de spi (bout retenant le bout-dehors) fragile qui cassa au premier empannage après la bouée. La casse nous a valu un petit désordre avec le bout dehors qui pivota sous le vent, dégonflant le spinnaker qui s’enroula sur lui-même de manière à se nouer en l’air. Cette manœuvre est une grande classique en Mini, presqu’un passage obligatoire. On a donc dû ramener le spinnaker sur le pont pour le dénouer. Ensuite en raboutant le bras de bout dehors avec une amarre, nous étions opérationnel pour ré-hisser le spinnaker. Nous avons enfin atteint le phare du Fastnet dans la soirée. Plus on se rapprochait du Fastnet, plus je commençais à être triste. En effet, contourner le Fastnet signifiait affaler le spinnaker et remonter le vent au près vers la Bretagne pendant presque de deux jours. Fini les longues glissades, fini le bateau à plat, fini le cockpit au sec.

Après quelques photos, ça n’a pas loupé ! On a enroulé ce phare dressé sur son cailloux angoissant et le bateau a pris ses 20 degrés gîte (inclinaison sur le côté), a tapé dans les vagues et on s’est pris les premiers embruns dans le visage. On a bien matossé (déplacer le matériel à bord pour faire contrepoids) sur bâbord et retendu les drisses. L’ambiance avait radicalement changé. On s’est enfoncé dans la nuit à partir de 23h30 heure française. Avec la pleine lune, nous nous ne sommes jamais retrouvés dans l’obscurité. Le soleil est revenu à 5h du matin et nous étions toujours au près.

Le mercredi, ça mouillait tellement sur le pont, qu’on n’a pas arrêté les quarts pendant la journée. On échangeait le poste de barre avec la bannette toute les deux heures. A l’intérieur du bateau les vagues cognaient contre la coque et nous déstabilisaient. Le vent est monté petit à petit, avoisinant les 20 nœuds. Nous alternions avec un ris dans la grand-voile et sans ris. On avait du mal à faire avancer le bateau aussi vite que les autres. Plus le vent montait plus nous avions un déficit de vitesse. De nouveaux concurrents apparaissait derrière nous sur notre écran AIS au cours de la journée. En plus des conditions inconfortables, nous perdions des places. Le moral était retombé. Pour ne rien arranger, avec les vagues qui passaient constamment sur le pont, le bateau prenait de l’eau de mer par les hublots. Nous vidions environs un seau toutes les 3h de l’intérieur du bateau.

L’ambiance me rappelait les paroles de Michel Desjoyaux de retour du Vendée Globe 2008 après 2 jours. « Vous rentrer dans votre machine à laver, vous mettez le programme rinçage-essorage, et en plus vous mettez la machine à laver dans un épluche patate ». On se dit que le près en Mini, ce n’est pas drôle mais qu’on a tous choisi d’aller en mer et qu’on a tous les mêmes conditions.

Pendant ces heures à la barre, on regarde toujours la mer et on a chance de voir des poissons mais aussi beaucoup de déchets. On a vu des dauphins, un requin, des énormes méduses et des poisson-lunes. La pollution est inquiétante parce qu’on voit plus de déchets que d’animaux : ballon d’hélium, caisse en plastique, bidon en fer, vêtement…Il ne s’écoule pas un quart sur le pont sans que l’on ne voie un déchet. Alors on pourrait se dire c’est normal que l’on voit si bien les déchets parce qu’ils sont colorés et flottent, mais au vue de la quantité qui sont à la surface, plus encore doivent reposer sur le fond marin. Même la mer celtique qui est chahutée par les tempêtes et les courants est très polluée par les activités côtières. Ça fait un peu parole d’écolo relou mais face ce constat on ne peut que réagir.

Le paragraphe suivant est encore un peu technique mais vous pouvez le passer.

Nous devions rejoindre un waypoint matérialisant la pointe Nord-Ouest du DST d’Ouessant. Il était prévu que le vent adonne en passant d’Est à Nord-Est au cours de notre retour. Certain concurrent se permettait de gagner en vitesse en s’écartant de la route et du vent, pour ensuite revenir avec l’adonnante sur la Bretagne. De notre côté, j’étais assez sceptique sur une possible rotation du vent au Nord-Est et trouvais dangereux de s’écarter sous le vent de la route au risque de devoir tirer un bord à l’envers pour se recaler au vent. Il faut rappeler qu’à bord il nous est interdit de disposer de moyens de récupérer une météo autre que par radio BLU.  On essayait de tenir le cap en perdant en vitesse mais en gardant la route. Ce choix n’était pas le bon puisque l’adonnante est arrivée le lendemain et on a tous abattu sur la fin pour rejoindre le waypoint.

En soirée, le moral tombant, le diable du mal de mer est venu me rendre visite m’apportant quelques crises de vomissements. Heureusement Léo m’a permis de me reposer et j’ai pu contrôler mes nausées pour le reste de la course. Ce petit diable qui te retourne l’estomac est resté sur mon épaule mais j’arrivais le chasser quand il s’approchait trop près.

La nuit est tombée un peu plus tôt que la précédente. Nous étions très au large des îles Scilly. Je savais que ce serait la dernière nuit et que le lendemain nous verrions la Bretagne. Nous allions toujours moins vite mais tenions bon pour ne pas perdre trop de places. Heureusement la lune était toujours belle.

Le matin nous étions trempés et le vent n’avait pas molli. Il avait tourné au Nord-Est et nous faisions la route plus facilement. Nous sommes arrivés vers 9h au point Nord-Ouest du DST d’Ouessant. On a mis beaucoup d’espoir à franchir ce point durant les deux jours précédents si bien que l’on s’imaginait que l’on serait presque arrivé une fois ce point franchi et qu’il nous resterait seulement quelques heures à vue des côtes. En fait, il nous restait plus de 60 milles pour rallier Douarnenez soit entre 10 et 12 heures de navigation. Un peu comme en voiture quand on a vraiment hâte d’atteindre la fin de l’autoroute pour enchaîner sur les petites routes plus divertissantes qui terminent le voyage. Ce matin-là, on s’est aperçu qu’il nous restait encore pas mal d’autoroute avant d’atteindre les petites routes divertissantes. On a contourné le DST d’Ouessant dans un vent toujours soutenu en faisant attention aux cargos dont nous croisions la route.

Après le DST, un peu avant à la longitude d’Ouessant, notre route a croisé celle d’un large banc de brume qui a réduit notre visibilité à 100 mètres. A l’intérieur, le vent est monté encore plus fort, frisant la tempête. L’anémomètre s’est stabilisé autour de 27 nœuds avec des passages à 30 nœuds. On ne faisait pas les fiers. Nous espérions un peu de répit en nous rapprochant des côtes, nous avons été surpris. On a ramené toute la toile que l’on pouvait. On a pris un deuxième ris dans la grand-voile et même pris un ris dans le foc. Le plus dur c’est de prendre ce ris dans le foc parce qu’il faut aller manœuvrer à l’avant du bateau où les vagues balayent le pont. Pendant près de 5h nous sommes restés dans cette brume apportant beaucoup de vent. Nous faisions une route à 5,5 nœuds de vitesse travers au vent de Nord-Est. Le bateau n’avançait pas très vite tant il était bousculé par les vagues et les rafales. Les vagues nous trempaient mais nous nous en fichions parce que nous savions que nous arrivions le soir. Tout à coup, une vague a emmené le bateau face au vent et l’a fait virer. La bastaque et l’étai largable étaient du mauvais côté après le virement involontaire. Le temps de stabiliser le bateau qui était matossé sous le vent, les écoutes de foc s’étaient emmêlées entre elles en battant. Il nous a fallu affaler le foc pour démêler les écoutes puis affaler la grand-voile qui était passée à l’extérieur des bastaques. Ce gros vrac dans 30 nœuds nous a réchauffés et a monté notre adrénaline.

Puis aussi rapidement que nous y étions entrés, nous sommes sortis de la brume et le vent a baissé à 25 nœuds. Nous avons découvert deux nouveaux concurrents à nos trousses. Le bateau devenait tout juste de nouveau manœuvrable sous 2 ris dans la grand-voile et un ris dans le foc. Nous nous faisions rattraper alors nous avons retiré le ris dans le foc. Comme la tendance ne s’inversait pas on a décidé de rajouter le gennacker à l’avant même si le vent était soutenu. Sans douter, je suis allé le chercher dans le bateau et je suis allé l’installer sur le bout dehors. Une fois déroulé le bateau est passé à la vitesse de 12 nœuds laissant sur place nos concurrents. Le soleil était revenu, le bateau filait, nous commencions à apercevoir les côtes de Crozon. La tempête était finie et nous filions vers l’arrivée. C’était que du bonheur de se retrouver dans cette situation alors qu’une heure plus tôt nous étions en vrac dans 30 nœuds de vent et dans le brouillard. Derrière nous, nos deux concurrents nous voyaient filer. L’un d’eux a décidé d’envoyer un petit spinnaker pour nous rattraper. Mais son spinnaker, même petit, était trop puissant alors après quelques départs au lof, il l’a affalé aussi tôt. Le vent a molli alors ce même bateau a décidé d’envoyer un spinnaker plus grand mais ce qu’il ne savait pas encore, c’est le vent refusait devant en plus de mollir et qu’il ne tiendrait pas non plus leur grand spinnaker. Il l’a aussi rapidement affalé. Ce moment était encore plus jouissif parce que l’on voyait nos concurrents s’épuiser à essayer de nous rattraper.

En baie de Douarnenez, après le passage de la ligne d’arrivée, sous grand-voile seule

Nous sommes entrés dans la baie de Douarnenez vers 19h, en ayant retiré notre gennacker et nos ris, 4 minutes devant notre concurrent qui avait fait sécher leurs 2 spinnakers plus tôt. Il ne nous restait plus qu’une heure de près dans un vent medium sans vague. Le bateau derrière nous, nous ramenait un peu de terrain chaque minute. Une fois la ligne d’arrivée à vue, il était toujours derrière à une distance confortable. Mais le vent ne nous a pas accordé de répit en forcissant et refusant. Une risée à 28 nœuds venant de la ligne d’arrivée, nous obligea à effectuer deux virements de bord pour la franchir. Sans ris dans les voiles et matossé à bâbord depuis le Fastnet, le tout petit bord de près tribord amure pour nous recaler a été périlleux.

Enfin, une fois la ligne franchie, épuisés de la dernière journée, la pression est complètement redescendue. Quel bonheur d’avoir bel et bien finie la course. Sur le ponton nous attendait tous nos plus grands fans. La copine et le frère de Léo et mes super colocataires avaient fait le déplacement pour nous accueillir. Ensuite, même épuisés, leurs félicitations nous ont portés et nous étions sur un petit nuage.

Nous terminons 25ème sur les 51 bateaux de série qui courraient sur la Mini Fastnet 2018. Nous sommes fiers de ce résultat pour notre équipage qui se découvrait et qui découvrait la course au large sur une si longue distance. Cette course a aussi été une réussite pour Mini Explorer qui malgré les dures conditions des derniers jours, n’a pas cassé.

La suite de l’aventure se déroulera pour moi en septembre avec la qualification en solitaire. Cette épreuve est nécessaire pour s’inscrire à la Mini Transat. L’exercice consiste à naviguer sur un parcours prédéfini de 1000 milles en solitaire sans escale. Ce parcours, au départ de Brest, m’emmène en Irlande du Sud-Est puis un retour par l’Ouest du DST d’Ouessant, pour ensuite contourner le plateau de Rochebonne, passer sous le pont de l’Ile de Ré puis retourner à Brest. La navigation devrait durer entre 7 et 10 jours.

Léo va recevoir son Pogo 3 à l’automne prochain pour s’entrainer et courir la prochaine saison 2019. Son but à plus long terme est de participer à la Mini Transat 2021. Je vous invite à le suivre aussi ses prochaines régates grâce à sa page Léo Debiesse – Mini Transat 6.50.

 

Merci tous ceux qui nous ont encouragés au départ, à l’arrivée ou par messages.

À très vite pour la grande aventure de la qualification en solitaire.

Hugo


6 commentaires sur “Mini Fastnet”

  • 1
    Sarual le 11 juillet 2018 Répondre

    Excellent !
    Merci Hugo de nous faire partager ton aventure.
    Je découvre à chaque récit ton talent d’écrivain.

    MERCI et BRAVO !

  • 2
    Rémi Lauras le 12 juillet 2018 Répondre

    Récit passionnant Hugo, merci pour tous les détails. On s’y croirait !
    Rémi

  • 3
    Astrid le 12 juillet 2018 Répondre

    Wow ! Quel beau récit avec tous ces détails ! On s’y croirait, et j’imagine l’adrénaline, la pression et la concentration nécessaire malgré cela !

    Chapeau bas à vous 2 et bravo d’avoir tenu bon 🙂

    Pour ce qui est des déchets, je trouve aussi que c’est alarmant et j’ai lu un article récemment sur ces immenses méduses de 30 m (longueur des tentacules, sinon 2 m pour le « chapeau ») qui arrivaient depuis les UK sur les côtes bretonnes à cause du réchauffement des eaux…

    Merci d’avoir pris le temps de nous raconter tout ça dans le détail et bons préparatifs pour ta course en septembre !

    • 4
      Hugo le 12 juillet 2018 Répondre

      Merci beaucoup ! Je suis super content si j’ai reussi à vous partager ces moments intenses.
      La pollution et le réchauffement climatique sont visibles très facilement. Je rajouterais que les cargos que nous croisions, laissent une odeur de diesel sur plusieurs kms derrière eux.
      Les moteurs diesel en mer ont 20 ans de retard dans leurs réductions de gazs polluants par rapport aux moteurs de camions. Il faut que les normes antipollution qui s’appliquent à terre soit les mêmes qu’en mer.
      La mer est encore considérée comme un espace trop grand pour être polluée.

  • 5
    Jolis lapins le 12 juillet 2018 Répondre

    Les plus belles chaussettes pour le plus fort des doudous
    On s’y croirait presque ♥️

  • 6
    Le borgne alain le 12 juillet 2018 Répondre

    Salut hugo

    Bravo pour cette nouvelle aventure qui t’a permis de prendre toute la dimension d’une navigation en haute mer en mini et pour ton résultat.j’étais à camaret le jour où vous avez eu 25 30 noeuds et j’ai aidé un concurrent malheureux qui rentrait,voilier demate en remorque derrière la SNSM, à remettre propre le sac de noeuds de cette infortune.

    Bonne chance pour la poursuite de ton projet

    Amicalement

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